Journal de bord de Joyce

 

Note au lecteur : Il s'agit d'un journal bilingue. Tout dépendant du moment, la langue change, parfois même en cours de texte. Voilà les conséquences de grandir à Montréal.

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Bird's eye View ___________________________________10 janvier 2005

It's from the point of view of an aeroplane that you can see yourself in the big picture. Looking down t0 the ground I see the cars and trucks, the lights, the life unfolding beneath my eyes. I think of the times when I catch myself running from place to place, or even when I'm running behind time. Maybe that's how Einstein though of relativity. Time when travelling is slower. A car flying along the freeway, seems to be going so slow. Another point is that everything is linked to everything. Everything is a part of something and that in turn is a part of something else and so on and so on; until everything is everything.

Different Realities_________________________________10 janvier 2005

I read an article today that stated that Quebec had ugly bridges and overpasses. It compared France's approach where everything is designed to ours where everything has to endure the winter. Everything is relative, therefore can things be compared? In this case, can we compare when Quebec has 8 million and France has 55 million? What about the diffence in size when France's total area is 5 times smaller than Quebec. Well that's where it's from. Beauty is in the difference. Quebec's bridges aren't ugly, there relatively ugly. I don't know about you, but when I'm on the Jacques Cartier bridge I still like to take a breath and enjoy the view.

First Run_______________________________________11 janvier 2005

After all that physical travel, the mind is exhausted however the body doesn't feel it yet. There's an unbalanced feeling from plane travel. That's where the first run comes in. It's not only the way to recenter things between the mind and the body, it's also the best run. The first run is free. You don't know where you're going, how long it's going to be, when to start running back. You just run. Every sight is new. Everything is to be explored. The choice of direction is pure feeling and without reason. It's also a good way to figure out where you are in the big picture. But best of all, it's the innocence in the step. You're running somewhere, but you're not going anywhere, just running. There's no other run like it.

Facture Salée______________________________________18 janvier 2005

Alors il y a déjà trop longtemps depuis la dernière fois que j’ai écris et trop d’histoires à raconter. Par contre, celle de ce soir, il faut que je la sorte. Écouter c’est bien simple la vie est chère à Paris. Chère mais à quel point vous me demanderez. Et bien à 24 Euros le verre. Je parle de 40 $ canadien. Je parle de l’hôtel sur la rue la plus chère de Paris. Montaigne. Plaza Athéna ça s’appelle. Rien de moins. La leçon de tout ça c’est quoi ? Parce que je ne vais pas ressortir de là avec seulement un white russian dans le ventre. Oh non, à ce prix, j’en ressort avec beaucoup plus. C’est au niveau design que je le justifie. Et ce n’est pas le design de la place qui était époustouflant : des chaises des tables rondes, des lumières au bar, des peintures vieilles (surtout n’oublions pas qu’une chaise c’est une chaise). Ok, l’atmosphère intéressante avec une disposition des tables qui fait que l’on peut se sentir seul entre amis. Mais bon, ce n’est toujours pas ça la leçon. Donc pour moi en tant que designer, si un jour je suis appelé à faire un hôtel chic, et les clients eux payent un prix de fou pour une soirée : IL FAUT JUSTIFIER LE PRIX. À part ça, c’est le service. C’est les sourires honnêtes des gens qui t’accueille à l’hôtel comme si c’était leur fierté de vous montrer les lieux. Alors à la Plaza Athéna, (juste Plaza pour les intimes) le service était excellent. Se faire dire « Monsieur » et se faire sentir comme si on était boss des bécosses. Cependant, mon avis « perso » comme ils disent ici, j’avoue avoir eu de la difficulté avec le monde du chic. Mettons que les shorts c’est pas accepté partout (encore). Et bien maintenant je sens que j’ai tout vu. Il n’y a plus personne qui peut me faire peur avec de l’argent. En fin de compte, le gars qui me redonne mon manteau c’est une personne, peut importe le prix du vestiaire. Il n’a pas à s’inférioriser afin de me faire sentir plus haut. Je crois que cette hiérarchie existe moins au Canada. Le service est plus une chose d’âge, je crois. Si on regarde en France, le monsieur il en fait son métier que d’être serveur, chez nous c’est un jeune qui paye ses études. Le service est pas le même, mais le faux sentiment de supériorité non plus.

 

Boy oh BOY LONDON _________________________________23 janvier 2005

This city is on the move. I don’t think I’ve seen anything quite like it. There are people everywhere. I have to say that my first impression was not how alive the city was. The first feeling was closer to home. I felt comfortable. I mean it’s not Canada, but the vibe was nice. I felt the freedom in the air. I think that it’s the people that gave me that sense of liberty. Now on another front on of my first design thoughts, was about marketing. I see a little graphic design everywhere. There is a lot of publicity and a lot of eye catchers. And the entire theatre scene is cool. A sort of old fashioned good night out on the town. I do however feel that I only got to see the tourist’s point of view. I mean, London has such a great nightlife reputation but I only saw normal everyday bars and pubs. There is more to be found for sure. Tip of the iceberg I say. Back to design. How about the museum. It’s nice to know that there actually is one. It felt good to know that people are interested in design. I wonder what the proportion among “tourists” and creative people is ? Speaking of creative, that’s something that’s undeniable about London. They love to be different. They drive on the other side of the road. They are firm believers in the king. They don’t aren’t part of the European Union. They just want to be English. That’s truly wonderfull. They believe so much in themselves. I think that’s a part of the reason I felt that liberty in the air. And how about the cars, I can’t believe the amount of classy cars. I think that the CC, congestion charge has a lot to do with it. I mean to pay 25$ Canadian just to go downtown. I’ve also never seen as many Alfa Romeo, Jaguars, etc. Basically 3 types of vehicles can be seen in the street : 2 story Buses, Taxis and expensive cars. That brings me to my next subject. The city identity, From those same buses and taxis and the telephone booths. London has a good city signature. It was also nice to see how many people where playing football in the park.

 

Pas penser Juste vivre_________________________________28 janvier 2005

C’est en écoutant la conversation de Romain et sa tante sur l’esprit et l’atmosphère du Québec que je me suis mis un peu nostalgique. Comment c’est vrai chez nous on est plus individuel, dans sa bulle. Mais aussi à l’inverse on est plus chaleureux. C’est paradoxal dans le fond. C’et que quand je pense à la manière dont je me comporte normalement qui est à l’envers de la façon de vivre ici. Un exemple bien simple, à la table pour le souper, je me sers un autre verre de vin… sans en offrir aux autres. Ou bien quand j’essuie mon assiette avec mon gros morceau de pain et qu’on me dit : « Est-ce que tu veux une éponge? » Elle était trop drôle celle-là. C’est juste pour illustrer comment mes habitudes naturelles vont à l’encontre de la vie ici. Ce que je ne comprends pas c’est qu’à travers mes autres voyages, je n’ai pas vraiment vécu ça de manière aussi prononcée. Est-ce que la France a tellement de culture et de traditions encrées en elle. Est-ce que c’est plutôt le fait qu’on est si proche avec la langue qu’une petite différence d’habitude est plus marquée?

 

Boeuf Bourgignion_________________________________31 janvier 2005

Le matin c’est le petit chocolat chaud avec le pain au beurre et confiture maison. Le midi c’est le gros repas. Entrée de salade, repas principal (saucisse, poisson, pot au feu, paella) fromage et dessert. Ensuite le soir, c’est l’apéritif, avec lequel j’ai bien de la misère. Et le repas est plus simple. Comme des crêpes ou de la ratatouille. Plus léger pour mieux digérer. Et la particularité que j’aime, c’est le pot de légumes. Bien sûr suivi du fromage. Mis à part la nourriture, la bourgogne c’est aussi des paysage rempli de champs délimitées par des boisées ou des arbustes. C’est très doux de voir les petites collines et le sol qui semble être une grande nappe de vagues. Et le monde. Du bon monde. Prenons la voisine Alice qui nous accueille pour l’apéritif (en fait un jus de casis) et des madeleines maison (incroyables) et surtout pour une petite jasette. La porte est toujours ouverte pour les visiteurs chez elle. Tout ça pour dire l’importance des rapports humains. Romain le comprends bien ça. Il y veille aussi. Il prend le temps pour partager avec les gens qu’il aime. « C’est que de l’humain, c’est pas monnayable. »

 

L'individualisme ___________________________________1 février 2005

Bien qu’à Mtl, vivre seul ne pose aucun problème, ici j’ai pourtant peur d’être parmi autant d’autres individus. C’est peut-être le fait de prendre le métro, mais je mes sens tellement seul quand je marche d’une station à une autre ou quand je marche du métro à la maison. Je commence à comprendre pourquoi Charles appelle si souvent à la maison quand il est en route du travail. C’est que c’est si long la route quand t’es seul. J’imagine que c’est un peu de même pour la vie. C’est quand je vois 3 noirs ensemble en train de marcher lentement en discutant, riant, débattant et moi qui marche si vite sans aucune raison. C’est fou comment on vit tous à un rythme différent. Juste le temps d’attendre son rendez-vous dans la rue et je tente de trouver moyen de maximiser mon temps. Il y a quelque chose à faire là entre temps et rapport humains.